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Les portes de Paris, fantômes des fortifs

Depuis deux millénaires, toutes sortes de barrières ont encerclé Paris, qu’il s’agisse de murailles défensives comme l’enceinte Philippe Auguste ou les fortifications de Thiers, ou de barrières fiscales comme l’enceinte des fermiers généraux, qui prélèvent un impôt sur les produits entrant en ville. La dernière enceinte en date, sans parler de celle, symbolique du périphérique, ce sont les fortifications défensives édifiées entre 1841 et 1844, démantelées à peine 80 ans après leur laborieuse édification. S’il n’en reste aujourd’hui que quelques vestiges, tel un bastion à la porte de Bercy et la poterne des Peupliers, la mémoire de ces portes demeure vivace à travers la toponymie du métro, du périph et des places. Jadis, c’était “Le mur murant Paris” qui faisait parler de lui, à travers un fameux alexandrin défiant l’octroi… Aujourd’hui les portes de Paris demeurent aussi effacées de sa physionomie, que présentes dans les conversations de ses habitants.

Publié le 17 septembre 2023

Des portes pour entrer, pour sortir

Une ville, on y entre et on en sort, c’est plus ou moins net. Selon qu’on se déplace à Paris, à Londres ou à Los Angeles, la délimitation du territoire urbain est perçue de manière plus ou moins discernable. Comment comparer la configuration centrale, « radio concentrique » d’une ville comme Paris, et l’étalement urbain de mégapoles où la limite est toujours plus indistincte ? Paris est à la fois une ville ouverte et fermée. Certes, elle tend à s’ouvrir sur ses communes limitrophes, avec des aménagements récents comme la couverture de la porte des Lilas, la passerelle du Cambodge à Gentilly ou la passerelle Claude-Bernard à la porte d’Aubervilliers. Mais elle demeure circonscrite dans le mur circulaire de son périphérique, suivant l’exact tracé de ses dernières fortifications en date. Enserrée entre ces murs symboliques, à l’étroit, sa population y est pourtant moindre aujourd’hui qu’elle ne fut jadis (2,2 millions aujourd’hui contre 2,9 il y a cent ans).

Que peut-on concevoir de mieux, pour entrer et sortir d’un lieu clos, que de passer par une porte ? L’emploi de ce terme qui demeure aujourd’hui prégnant, relève d’une figure de rhétorique bien connue : c’est une catachrèse. Une sorte de détour obligé pour décrire un objet par un mot imagé, quand le mot lui-même fait défaut. La porte, qui était réellement un passage pour pénétrer à l’intérieur de Paris, est devenue une limite du territoire municipal. De la porte bien réelle, on en vient donc à utiliser le mot « porte » de façon métaphorique et informative, comme on parle des bras d’un fauteuil pour désigner ses accoudoirs.

Jadis, en revanche, la ville ouvrait et fermait véritablement ses portes, elle levait ses barrières comme un château-fort actionne son pont-levis (les fortifs elles-mêmes comptent d’authentiques pont-levis, comme à la porte d’Orléans). Il existe d’ailleurs une tradition picturale, dès Moyen Age, de représenter les entrées en ville des rois, le plus souvent par les portes, à l’image de l’Entrée d’Henri IV à Paris, 22 mars 1594 de François Gérard, ou, bien plus tard, de l’Entrée de Charles X à Paris après le sacre le 6 juin 1825, par la barrière de la Villette, de Lejeune. “Quand on arrive en ville”, comme dit la chanson, on franchit un seuil, on change de localité et d’administration, les lois ne sont plus les mêmes (à moins, précisément, qu’on ne soit en banlieue, le lieu où s’applique le ban de la loi). Mais il fut un temps où entrer en ville c’était comme pénétrer l’enceinte d’un château fort. C’était le temps des villes fortifiées. Et Paris fut de celles-là.

Histoire des enceintes de Paris

L’histoire des limites, murailles, enceintes successives de Paris est fascinante et montre une croissance progressive depuis la première enceinte gallo-romaine jusqu’au projet de Grand Paris, essentiellement cantonné aux transports. Celui-ci reprend, peu ou prou, la forme de l’ancien département de la Seine, qui semble si parfaitement proportionné du point de vue des géographes.

Dans cette croissance progressive, en différentes étapes, les enceintes de Paris ont chaque fois plus que doublé sa surface. La dernière grande annexion date de 1860 et c’est celle qui embrasse les limites des fortifications dites de Thiers, érigées en 1841, de crainte d’une invasion anglaise ou prussienne. Hélas elles ne serviront pas, ni au cœur de la guerre franco-prussienne de 1871 avec des obus de canons tirés de 8 km, ni lors de la guerre de 1914 où les Allemands pilonnaient la capitale française à 125 km de distance. Leur rôle le plus manifeste est peut-être d’avoir permis au peuple de la Commune de Paris de résister 4 mois au siège des armées prussienne et versaillaise, avant de se rendre, affamé. Les fortifs ne correspondent à aucun souci de topographie ou d’urbanisme et finalement lorsque le périphérique est bâti entre 1958 et 1973, il reprend exactement le tracé des fortifications. Aujourd’hui, les limites de Paris embrassent ce tracé.

La première enceinte de Paris date de l’époque gallo-romaine, elle est limitée à l’ile de la Cité, elle sert à protéger Lutèce des invasions barbares. Au Moyen Age lui succède l’enceinte carolingienne, puis l’enceinte de Philippe Auguste (vers 1200), dont il reste un important vestige dans le Marais, le long de la rue des Jardins-Saint-Paul. Une nouvelle enceinte, correspondant aux grands boulevards actuels, est bâtie entre 1356 et 1383, sous le règne de Charles V. En 1566, une cinquième enceinte apparaît à Paris : l’enceinte de Louis XIII qui étend vers l’ouest la précédente et en renforce les fortifications. A l’époque de Louis XIV, ces deux dernières enceintes sont rasées pour laisser place à des boulevards de promenade. Si l’on considère l’étymologie néerlandaise de boulevard (bolwerk : rempart, apparenté à l’anglais bulwark), on se rend compte que tous boulevards, circulaires, reprennent le tracé d’anciennes fortifications. Les portes fortifiées qui remontent au Moyen Âge sont remplacées par des portes triomphales, à l’image de la porte Saint-Denis érigée en 1672 sur ordre de Louis XIV, en l’honneur de ses victoires sur le Rhin et en Franche-Comté. En 1785, est érigé le mur des Fermiers généraux, dont le tracé correspond aux lignes 2 et 6 du métro parisien, une barrière fiscale destinée à percevoir l’impôt sur les produits entrant à Paris. Entre 1784 à 1790, l’architecte Ledoux fait construire ce mur de 24 km percé d’une cinquantaine de « barrières » signalées par des pavillons à colonnades. Seules quatre de ces barrières ont survécu à la démolition du mur en 1860 : les rotondes du parc Monceau et de la Villette, les deux colonnes de la barrière du Trône et les pavillons de la barrière d’Enfer. Enfin, l’enceinte fortifiée de Thiers, premier ministre de Louis Philippe, est construite entre 1841 et 1844 par 25 000 ouvriers, avant d’être arasée dans les années 1920. Si bien que pendant une petite vingtaine d’années, entre le début de sa construction et l’annexion des communes limitrophes en 1860, Paris enferme des territoires qui ne lui appartiennent pas, entre deux barrières d’enceintes… On l’appelle « petite banlieue », elle est située en dehors de l’octroi mais à l’intérieur de la fortification militaire.

Les fortifs

Comment était constituées les fortifications de Thiers ? C’est un anneau de 35 km autour de Paris, avec 94 bastions percés de portes et de poternes (petites portes intégrées dans la muraille), parfois agrémentées de barrières d’octroi. Pour tenter aujourd’hui de se représenter l’emplacement de la muraille, on peut imaginer qu’elle se situait entre les Maréchaux et le boulevard périphérique.

De l’intérieur vers l’extérieur, l’enceinte était composée :

  • d’une rue militaire intérieure, correspondant aux boulevards des Maréchaux ;
  • d’un parapet de 6 mètres de large ;
  • d’un mur d’escarpe de 3,5 mètres d’épaisseur et de 10 mètres de haut ;
  • d’un fossé de 40 mètres de large  ;
  • d’une contrescarpe en pente légère ;
  • d’un glacis de 250 mètres de large.

À l’extérieur du mur d’enceinte, cette bande de 250 mètres faisait office de champ de manœuvre où devaient pouvoir être disposés les canons. Avec l’abandon de sa fonction militaire, cette zone non ædificandi (zone non constructible) se recouvre de bidonvilles dès la fin du 19e siècle, et jusque dans les années 1960. De là vient le mot et la notion de zone, cet espace limitrophe peuplé de « zoniers » ou encore de « zonards », selon qu’on use d’un suffixe péjoratif ou non. C’est un territoire à la marge de la ville, où l’on vient prendre l’air, cultiver un bout de terrain et s’encanailler. C’est aussi là où les chiffonniers s’installent, et avec eux les puces comme à Bagnolet ou à Saint-Ouen. Nombre de Parisiens, à l’image de Huysmans, aimaient se dépayser en allant se promener sur les fortifs.

Réminiscences

Si la ville semble changer sous nos yeux, le passé de Paris demeure visible, comme en témoigne la rubrique avant-après de ce site où les stations de bus, les cafés et les kiosques ne changent pas de place à cent ans d’intervalle. D’ailleurs, on constate que les itinéraires des lignes de bus actuelles reprennent souvent précisément ceux des lignes de tram de la Compagnie Générale des Omnibus (CGO). Ce passé est si prégnant qu’il ressurgit également au fil des conversations des Parisiens, Franciliens et visiteurs, tous usagers des transports amenés à indiquer leur localisation en nommant les portes. La muraille palpite chaque fois qu’est prononcé le mot ou encore les expressions latines extra muros, intra muros… Autant de traces qui demeurent de l’époque où il y avait un mur. A côté de ces portes qui sont des terminus de métro, des places ou des avenues, les poternes sont plus rares mais il arrive qu’on les nomme encore, rarement, comme celle des peupliers…

Les portes sont donc une appellation familière aux Franciliens, aux provinciaux et aux étrangers qui arrivent à Paris. Si l’on a oublié qu’elles figuraient concrètement les entrées dans Paris, dessinant des ouvertures dans la muraille fortifiée, c’est une notion omniprésente dans l’odonymie parisienne, la branche de la toponymie consacrée aux noms de rues, avec ses stations de métro, de tram, de bus, les sorties du périphérique. Mais certaines portes sont plus connues que d’autres (des terminus de métro comme la porte de Clignancourt, des entrées autoroutières dans Paris comme la porte de Bagnolet). Qui connaît en revanche la porte d’Arcueil, la porte de Montrouge, la porte de Courcelles et la porte de Ménilmontant ? Si le plan de Paris les mentionne, il semble que la plupart des gens les ignorent.

Combien de portes ?

Est-ce que les portes que nous connaissons aujourd’hui sont les mêmes que celles d’hier ? Pas forcément. La porte Brunet, entre la porte de Pantin et la porte Chaumont ne semble pas avoir existé dans la première enceinte de fortifications érigée entre 1841 et 1845, elle a sans doute été ajoutée postérieurement à 1860. Dans la revue Histoire urbaine, Frédéric Moret note ainsi la multiplication, “dans les années 1880, des demandes d’ouverture de nouvelles portes ou d’élargissement des portes existantes”. Toutes les portes actuelles n’existaient donc pas à l’époque des fortifs, et par ailleurs de nouvelles portes sont apparues qui ne figuraient pas dans la muraille.

En revanche, on ne trouve plus trace aujourd’hui, dans la topographie parisienne, de la porte Bicêtre, entre le passage de la Bièvre et la porte d’Italie. Enfin, certaines voies reliant Paris et ses communes limitrophes, et qui de ce fait auraient pu nous apparaitre comme des portes, ont été bloquées par la muraille. C’est le cas, par exemple, de la rue de Lagny, dans le 20e, qui conserve son nom en se poursuivant à Saint-Mandé, ou de la rue de la Jonquière, dans le 17e, ancien « chemin des bœufs » qui ne rejoint pas Clichy, stoppée net par le boulevard Bessières.

Le périphérique parisien dispose de 35 portes d’entrée et de sortie sur son circuit, de la porte de Bercy au quai d’Ivry. Quant au réseau du métropolitain, sur 308 stations, il compte 23 portes. On connaît évidemment la porte de Clignancourt et la porte d’Orléans, ces deux stations terminus de la ligne 4 du métro, mais aussi, dans le sens giratoire, ces autres stations de métro que sont les portes de Pantin, la Villette, la Chapelle, Saint-Ouen, Clichy, Maillot, Auteuil, Saint-Cloud, Versailles, Vanves, d’Italie, Choisy, Ivry, Charenton, Dorée, Vincennes, Montreuil, Bagnolet et, ouf, la porte des Lilas, chantée par Gainsbourg et dont un film de René Clair, avec Brassens, porte le nom.

Passer en revue les portes et poternes des fortifications, bastion après bastion, c’est ce à quoi se sont employés un site web et un livre : fortifs.org qui en recense les entrées exhaustives, ainsi que Sur les traces des enceintes de ParisPromenades au long des murs disparus de Renaud Gagneux et Denis Prouvost (Parigramme, 2004). C’est à partir de leurs relevés que je me suis mis à l’ouvrage pour vous fournir mon propre classement.

En 1863, les fortifications comptaient une soixantaine de portes et poternes, 3 rivières ou canaux et 11 passages de chemin de fer, incluant deux ajouts ferroviaires, pour relier la voie ferrée à la petite ceinture, du côté de Bercy et de la porte de Billancourt. Plus précisément, j’ai dénombré 61 portes (dont 5 datent de l’annexion des communes limitrophes de Paris, vers 1860). Les voici…

Liste des 61 portes de l’enceinte de Thiers

  • Porte de Bercy
  • Passage du chemin de fer de Lyon (vestiges)
  • Porte de Charenton
  • Porte de Reuilly
  • Porte de Picpus
  • Poterne de Montempoivre (vestiges)
  • Porte de Saint-Mandé
  • Porte de Vincennes
  • Porte de Montreuil
  • Porte de Bagnolet
  • Porte de Ménilmontant
  • Porte de Romainville (ou des Lilas)
  • Poterne des Pré-Saint-Gervais
  • Porte Chaumont (ou poterne du Pré-Saint-Gervais)
  • Porte de Pantin
  • Passage du canal de l’Ourq
  • Passage du chemin de fer de l’Est
  • Porte de la Villette (ou de Flandre)
  • Passage du canal Saint-Denis
  • Porte d’Aubervilliers
  • Porte de la Chapelle-Saint-Denis
  • Passage du chemin de fer du Nord
  • Poterne des Poissonniers (1860)
  • Porte de Clignancourt
  • Poterne Montmartre
  • Porte de Saint-Ouen
  • Porte Pouchet (1860)
  • Porte de Clichy
  • Passage du chemin de fer de Normandie
  • Porte d’Asnières
  • Porte de Courcelles
  • Porte de la Révolte
  • Porte Champerret (1860)
  • Porte de Villiers
  • Porte de Sablonville
  • Porte des Ternes
  • Porte de Neuilly (ou Maillot)
  • Porte Dauphine
  • Porte de la Muette
  • Porte de Passy
  • Porte d’Auteuil
  • Porte Molitor
  • Porte de Saint-Cloud
  • Porte du Point-du-Jour
  • Porte de Billancourt
  • Passage du raccordement de ceinture (1860)
  • Porte du Bas-Meudon
  • Porte de Sèvres
  • Porte d’Issy
  • Porte de Versailles
  • Porte de la Plaine
  • Porte de Plaisance
  • Porte de Brancion (1860)
  • Passage du chemin de fer de Bretagne
  • Porte de Vanves
  • Porte Didot
  • Porte de Malakoff (1860)
  • Porte de Châtillon
  • Porte de Montrouge
  • Porte d’Orléans
  • Porte d’Arcueil (vestiges)
  • Passage du chemin de fer de Limours
  • Porte de Gentilly
  • Poterne des Peupliers (vestiges)
  • Passage de la Bièvre
  • Porte de Bicêtre
  • Porte d’Italie
  • Porte de Choisy
  • Porte d’Ivry
  • Porte de Vitry
  • Passage du chemin de fer d’Orléans
  • Petit passage latéral du chemin de fer
  • Porte de la Gare

Passion de la limite

Etudier l’histoire et la topographie des limites de Paris est une tâche aussi passionnante qu’instructive, bien qu’elle puisse sembler dérisoire ou inutile au premier abord. C’est une recherche qui soulève bien des questions, dont certaines restent en suspens. Comment donc a été arrêté ce tracé dont Annie Fourcaut et Florence Bourillon, disent, en introduction de leur colloque Agrandir Paris, qu’il « ne s’appuie sur aucune des défenses naturelles de la capitale » ? Arbitrairement ou non ? En particulier, est-ce pour des raisons topographiques que, pour maintenir le territoire parisien sur un relatif promontoire, toute une partie du Pré-Saint-Gervais n’a pas été incluse dans le tracé des fortifications, alors qu’à l’inverse au sud-ouest, de généreuses parcelles de terrain, du côté de la porte de Saint-Cloud et du Point du Jour, y ont été rattachées ? Selon la chercheuse, l’objectif de ce tracé était « d’y inclure les zones déjà peuplées ou urbanisées dans les années 1830, ce qui explique quelques irrégularités dans le tracé » pour intégrer le Point du Jour au sud-ouest ou une partie de la Chapelle au nord-est, et « de préserver des espaces pour les cultures et que Paris soit nourri en cas de siège ».

Il est étonnant de considérer que les limites administratives et géographiques de Paris épousent un tracé qui a été fait il y a près de 200 ans, dans des circonstances oubliées. En quoi une muraille continue agrémentée de forts détachés et destinée à protéger la capitale, à l’époque où les autres villes européennes se séparaient des leurs, est-elle pertinente aujourd’hui ? Il est paradoxal que les limites actuelles de Paris procèdent d’une décision ancienne, non seulement assez arbitraire, mais en outre exempte de toute considération urbanistique. Si les vestiges des fortifs sont presque inexistants, le tracé de cette enceinte circulaire apparaît au grand jour à travers le périphérique.

L’aménagement des portes de Paris, dans les années 1920 et 30, est d’ailleurs un grand chantier urbanistique que le périphérique a perturbé. Par exemple, la porte de Saint-Cloud, censée faire le lien entre l’avenue de Versailles et la ville de Boulogne, avec son pavillon d’octroi, sa fontaine majestueuse et cette église Sainte-Jeanne-de-Chantal qui marque l’entrée dans Paris. “Le périphérique a totalement rendu caduques des projets d’embellissement, notamment celui de la porte de Saint-Cloud », notait l’historien Simon Texier dans une conférence prononcée en 2009. « Celui de la porte de Saint-Cloud, parce que le plus ambitieux, est le plus gravement amputé dans sa logique de suture entre Paris et la banlieue » ajoutait-il.

Dans cette même conférence, en évoquant la « périphérie complexe » de Paris, l’historien confiait : “Je ne connais pas beaucoup de Parisiens qui aillent se promener au-delà des Maréchaux, ou bien au-delà des HBM des Maréchaux. Il y a cette zone de transition au niveau du périphérique, ou bien au niveau de cette ceinture verte, lorsqu’elle a été faite, qui est l’une des zones les plus problématiques de l’urbanisme parisien.” C’était compter sans les aspirations déambulatoires des nouveaux piétons de Paris, héritiers de Huysmans ou de Fargue, dont certains lisent peut-être ces lignes…

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