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Philippe Hérard et sa fresque rue des Couronnes

Une après-midi de printemps, en remontant à vélo la rue des Couronnes, j’ai avisé deux gars qui élaboraient une fresque. C’était le street artiste Philippe Hérard et son fidèle assistant Flokicol !

Publié le 19 juin 2018

Jeudi 31 mai, vers 17h30, je passais à vélo devant le 112-114 rue des Couronnes, où deux mecs étaient en train d’élaborer une grande fresque sur un mur vierge. Je me suis approché d’eux, ils étaient sympas, c’était l’artiste Philippe Hérard, connu pour ses bonhommes en papier journal souvent entourés d’une bouée rouge et blanche, et son pote et assistant Florian, un fan de street art qui tient le compte instagram Flokicol. L’artiste terminait son premier jour de travail sur cette fresque représentant six hommes suspendus, par des fils qu’il n’avait pas encore tracés, à des nuages-moutons. Une oeuvre composée à l’occasion des 50 ans de mai 68 et qui devait s’achever le lendemain.

A peine arrivé, j’ai pu prendre des photos et tendre mon micro pour enregistrer quelques figures du quartier qui se sont succédé sur place, une admiratrice de l’artiste qui passait par là, Dominique Sylvia, chanteuse à ses heures et psychologue dans l’âme, puis deux amis venus du bar des Cascades avec des verres à la main. Ce faisant, on était plongé dans un cliché du Belleville idéal, amical et bon enfant, où tout le monde s’apprécie et se connaît, jusqu’aux habitants de l’immeuble qui découvraient avec plaisir la performance de l’artiste sur leur mur, sans autorisation ni subvention, mais à la faveur générale.

 

J’ai toujours voulu écrire sur la rue des Couronnes, telle qu’on peut l’aborder à vélo dans son ascension, décrire la façon dont elle s’articule et se désarticule en se coudant chaque fois de 20 ou 30 degrés vers la gauche, jusqu’à se jeter dans la rue de la Mare au niveau de la place Henri Krasucky. Elle est bordée de maisons en chantier, de vieilles bicoques et d’immeubles modernes. Avant cela, elle longe le parc de Belleville et franchit la petite ceinture, dans la tranchée de laquelle on imagine l’ancienne gare de Ménilmontant où se passe une partie du premier roman de Francis Carco, Jésus-la-Caille. La voie ferrée est bordée par une grande barre des années 70 où habite Dominique Sylvia qui en témoigne dans le premier podcast.

Cette place Henri Krasucky est un des plus beaux coins du 20e, avec son bistrot littéraire, Les Cascades et cet escalier qui grimpe directement à la rue des Pyrénées. Cinq voies s’y rejoignent. Deux montent : la rue de la Mare et celle des Envierges qui mène au parc de Belleville, et trois descendent en se courbant : la rue des Cascades avec son regard ancien (système d’adduction d’eau) auquel est accolé un petit bistrot en péril, la rue de la Mare qui la traverse et la rue des Couronnes, donc.

La fresque de Philippe Hérard est située entre cette place Krasucky et la petite ceinture, soit entre le bistrot des Cascades et le théâtre Popul’air du Reinitas, un troquet de quartier doté d’une mini scène théâtrale, où se produisent pas mal d’artistes à la bonne franquette ou en devenir.

2 Commentaires

  1. Gant

    J’apprécie beaucoup votre travail. Un autre oeil sur Paris. Merci
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    Réponse

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