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Une statue de la Liberté en évolution

Installée en 1889 sur l’île aux cygnes, la réplique de la statue de Bartholdi a été retournée en 1937 et déplacée pour construire le nouveau pont de Grenelle en 1968.

Parfois, il arrive qu’on s’échine en vain à retrouver une identité de point de vue qui n’existe pas. Et pour cause, la topographie de l’urbanisme parisien évolue, ce qui constitue sans doute la raison d’être de cette rubrique. En prenant aujourd’hui une photo de la statue de la Liberté posée sur l’île aux cygnes depuis la rive gauche, on peine à retrouver une perspective identique à celle des années 1910, car l’écart s’est agrandi entre la statue et l’immeuble situé rive droite, en retrait de l’actuelle voie Georges Pompidou, repère commun à nos deux vues. En plus d’avoir pivoté sur son centre, la statue a été déplacée en 1968 de quelques mètres en aval de la Seine, à l’occasion de la réfection du pont.

Bien que la première photo ne le montre pas, la statue était jadis posée sur une demi-lune accolée au pont lui-même. Lorsque celui-ci fut agrandi, on installa le socle de la statue sur l’île prolongée vers le sud. Autre différence notable, la disparition en 1919 de la gare de Grenelle réalisée par Juste Lisch, qui fut réunie à celle de Javel, autrefois nommée gare du Pont Mirabeau, en raison de leur proximité. « Les bâtiments voyageurs (…) comportaient un bâtiment en forme de pagode chinoise au niveau de la rue et situé à cheval sur les voies ferrées. », rapporte Michel Willard dans un article sur « Les 15 gares de chemin de fer du 15e arrondissement »*.

Un mot, enfin, sur cette réplique de la statue de la Liberté bien connue des Parisiens. Trois fois plus petite que celle de New York, elle fut installée comme sa grande sœur sur une île en 1889, dans le cadre de l’Exposition universelle et à l’occasion du centenaire de la Révolution. C’est la version en bronze d’un modèle en plâtre réalisé pour concevoir le monument. Installée à l’origine face à la Tour Eiffel et à l’Élysée, elle tournait le dos aux États-Unis, ce qui fut corrigé lors de l’exposition universelle de 1937.

Paris compte deux autres répliques de la statue : l’une offerte par Bartholdi, installée au Jardin du Luxembourg, l’autre léguée par sa veuve au musée des arts et métiers.

* Bulletin de la SHA15 n°53

2 Commentaires

  1. Jacques Deval

    Julien bonjiur
    C’est toujours un plaisir d’apprendre avec précision en te lisant,
    Prends bien soin de toi, Jacques

    Réponse
    • Julien Barret

      Merci pour ton commentaire, bonne journée Jacques !

      Réponse

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