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Ces anciennes gares du 18e
reconverties en bars branchés

À l’instar de la Flèche d’or dans le 20e qui fut pionnière en la matière, beaucoup de gares de la Petite Ceinture ont été transformées en bars ou en restaurants, comme dans le 18e la Recyclerie et le Hasard Ludique.

Publié le 10 novembre 2018

Trois gares dans le 18e

La Petite Ceinture est cette ancienne voie ferrée qui faisait le tour de Paris dès 1869, d’abord consacrée au transport de voyageurs puis à celui des marchandises jusqu’à sa fermeture définitive dans les années 80. Dès lors, il a été question de reconvertir ces anciennes gares dont on mesure aujourd’hui le potentiel pittoresque. Sur 36 stations dont certaines ont été détruites et d’autres réhabilitées, trois figurent dans le 18e. La Flèche d’or, mythique salle de concert rock ouverte entre 1995 et 2017 rue de Bagnolet dans le 20e, fut une pionnière en la matière. Depuis, d’autres ont suivi, avec des préoccupations participatives et écoresponsables davantage dans l’air du temps. C’est le cas de la Recyclerie, ouverte en 2014 à la porte de Clignancourt, et du Hasard ludique qui a pris possession de l’ancienne gare de Saint-Ouen en avril 2017. De physionomie assez voisines, elles sont reliées par la voie ferrée longeant la rue Belliard sur un kilomètre, tandis que l’ancienne gare de la Chapelle-Saint Denis, également dans le 18e, a disparu. Dans la même dynamique, le bar éphémère Grand Train prit possession en 2016 des voies SNCF désaffectées sous le pont de la rue Ordener.

La Recyclerie, tiers lieu et ferme urbaine

Implantée au sein de l’ancienne gare Ornano, la Recyclerie ouvre en 2014 avec pour ambition de sensibiliser le public aux valeurs écoresponsables. Elle prône les 3 R : Réduire – Réutiliser – Recycler, met en valeur les initiatives collaboratives et le « do it yourself ». La Recyclerie est également un tiers lieu programmant 700 conférences par an, des ateliers de réparation et une ferme urbaine.

Dans le poulailler, 17 poules différentes pondent en absorbant les déchets végétaux de l’armoire à compost que remplissent des gens du quartier en échange d’un café. Un démonstrateur d’aquaponie juxtapose un bac de plantes et un aquarium de poissons dont les déjections nourrissent les plantes. Au fond du quai se cache un potager avec carottes, radis, poivrons ou fraises, tandis qu’une prairie mellifère recouvre les toits, nourrissant les abeilles qui produisent du miel dans cinq ruches.

La Recyclerie est un lieu très inspirant, décoré de bric et de broc, dont l’ancienne salle des pas perdus offre une vue plongeante sur les rails. De part et d’autre de l’entrée se tiennent un espace de débat et un atelier de réparation participatif. À l’extérieur, on longe un mini marché et un bar pour descendre l’escalier en forme de tonnelle qui mène au quai, où les clients boivent un verre le long des rails.

La Recyclerie
83 Boulevard Ornano
01 42 57 58 49

Le Hasard Ludique, concerts et ateliers participatifs

Comme s’il s’était inspiré de la Recyclerie, le Hasard ludique voit le jour trois ans plus tard et quelques centaines de mètres plus loin. C’est un lieu culturel hybride où cohabitent une salle de spectacles de 300 places, un atelier de pratique artistique collective et une « cantine créative » à base de produits frais. L’espace, décoré avec un code couleur ludique, propose des jeux, des concerts, et un bar également aménagé sur les quais depuis avril 2018.

Au printemps 2006, j’avais fait avec le photographe Mikaël Bénard un reportage pour le magazine hip-hop Track List sur ces quais abandonnés, à l’occasion de la sortie d’une compil rap, Unity Vol.1. Le projet réunissait quelques figures du rap français d’alors, qu’on retrouve sur la couverture et la double-page intérieure : Alibi Montana, Al Peco, Mystic, Marginal Sossa ou encore Youssoupha, alors bien moins connu qu’aujourd’hui. A cette époque-là, une quincaillerie estampillée « Eden tout à 10 euros » occupait la gare, surplombant les quais déserts. Fin 2010, la Ville de Paris rachète le bâtiment à Réseau Ferré de France et lance un appel d’offres pour sa réhabilitation. En 2013, l’équipe du Hasard Ludique est choisie, les travaux commencent en 2015 et s’achèvent en avril 2017, remettant à jour la façade d’époque.

La salle de concert de 300 places accueille des soirées à thème, groupes live, dj sets et une soirée club jusqu’à 6 heures du matin, une à deux fois par mois. L’espace atelier propose massages, flash tatoo, cours d’impro, fanfare, yoga du rire, Feldenkreis ou chorale participative…

Et sinon, pourquoi le « hasard ludique » ? Dans une interview au site parislanuit.fr, Céline Pigier, une des trois cofondatrices, évoque une inspiration dada visant à « rejeter les codes et les conventions, mettre un peu le bazar, tout mélanger ». La décoration intérieure, pensée lors d’un projet de design participatif, est elle-même ludique, géométrique et colorée. Mais une autre théorie prévaut derrière le bar, nous explique la manageuse : « Tout est rangé au hasard et c’est assez ludique ! »

Le Hasard Ludique
128 avenue de Saint-Ouen
01 42 28 35 91

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