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L’avenue Kléber, sa parfumerie, son kiosque et son tabac

Ici comme souvent, la juxtaposition d’une carte postale 1900 avec son équivalent actuel dévoile un mélange de permanence et de changement dans l’urbanisme parisien.

L’avenue Kléber est un ancien boulevard extérieur au mur d’octroi, cette enceinte construite entre 1784 et 1790 pour percevoir l’impôt sur les produits entrant à Paris. Avant l’annexion de Passy lors de l’agrandissement de 1860, cette avenue reliant l’Étoile au Trocadéro appartenait au village de Passy. Ouverte en 1854, elle reçoit en 1879 le nom du général Jean-Baptiste Kléber, après s’être appelée avenue du Roi de Rome. En effet, Napoléon voulait bâtir sur le Trocadéro un palais pour son fils, dit le Roi de Rome, afin qu’il puisse voir manœuvrer les troupes sur le Champ de Mars.

C’est une histoire de l’évolution des bureaux de tabac, des pharmacies et des kiosques parisiens que nous content ces deux images, avec ce subtil dosage de permanence et de changements dont témoigne souvent l’histoire de l’urbanisme parisien.

L’enseigne publicitaire du « tabac Player’s » a été remplacée par la version la plus contemporaine de la célèbre carotte. Les mentions « café brasserie », « billard », « téléphone », « tabac de luxe » et « agence Havas » ont laissé place aux logos RATP et LOTO. A la parfumerie de Madame Froissé a logiquement succédé le Boudoir de Qin, un établissement de soins des mains réservé aux femmes, tandis que la pharmacie du numéro 72 est toujours là, avec une croix verte lumineuse au lieu de cette enseigne surmontée d’une horloge.

En face du tabac et de la pharmacie, on découvre l’un des premiers kiosques parisiens, une cabane adossée à une colonne octogonale, au dôme de zinc surmonté d’une flèche. Ce modèle est lancé en 1859, deux ans après la création du premier kiosque par Davioud sur les grands boulevards. Quant au kiosque actuel, il fait partie des 360 nouveaux modèles installés depuis le début 2018 et redéfinis avec une inspiration industrielle reprenant le style des imprimeries et ateliers parisiens. Coté publicités, le Bouillon Kub et le chocolat Menier ont été supplantés par des unes de magazines. La taille du kiosque a tellement augmenté qu’il masque, avec les arbres, le côté impair de l’avenue de Kléber, au premier plan duquel une trottinette esseulée a pris la place d’un monsieur assis sur un banc.

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