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Panoramas, perspectives & passerelles sur l’inconnu

« La rue Broca, comme la rue Pascal, est une dépression, une rainure,
une plongée dans le sub-espace à trois dimensions. »
Pierre Gripari, Préface aux Contes de la rue Broca.

Paris est une ville ouverte. Non qu’elle ne soit limitée dans l’espace, son histoire étant celle d’une succession d’enceintes, mais sa topographie en fait un lieu de découvertes toujours renouvelées. Paris sans cesse se reconfigure. Pour en prendre la mesure, il faut changer d’itinéraire, ouvrir des horizons, tracer des perspectives. On découvre alors un autre Paris, Paris-sur-verdure ou Paris-sur-rails, Paris-sur-Seine ou Paris-sur-rue.

On connaît, bien sûr, les panoramas de ses monuments incontournables, la Tour Eiffel, le Sacré-Coeur ou la Tour Montparnasse. Mais pour peu qu’on les observe avec une lucidité et un œil neufs, certains lieux offrent aussi des points de vue insoupçonnés, la Place de l’Europe qui semble flotter au-dessus des rails de Saint-Lazare, ou, dans une moindre mesure, la place Wagram surplombant ceux de la petite ceinture.

Outre les monuments de Paris, on peut découvrir les terrasses de ses restaurants, de ses hôtels, de ses musées ou de ses Grands Magasins. Mais aussi ses places, ses buttes, ses ponts, ses passerelles ou ses stations de métro aérien, comme celle de Passy reliée au viaduc de Bir Hakeim qui a servi de cadre au film Inception. A l’instar de l’ancien viaduc d’Auteuil, aujourd’hui remplacé par le pont du Garigliano, ce pont à tablier semble sorti d’un rêve de Jules Verne (de Paris au XXe siècle, par exemple, écrit en 1863), ou d’une image de Harvey Wiley Corbett – comme, en 1913, « La ville future, une solution hardie du problème de circulation ». Dans leur esprit, la ville du futur était une cité à plusieurs niveaux. Mais cette cité existe. Ensevelie sous les architectures successives, il suffit de la redécouvrir.

Il faut aussi percevoir l’envers de Paris. Après avoir embrassé le panorama qui s’offre du Sacré-Coeur, de l’autre côté, du haut des escaliers du Mont-Cenis, s’ouvrent des perspectives sur le nord de la ville. Car Paris regarde aussi cet anneau qui la couronne : Pantin et la Seine-Saint-Denis depuis la pelouse de la Butte Rouge, la plaine d’Ivry aux cheminées fumeuses depuis les ponts de la Seine, ou ces rails qui mènent aux six coins de la banlieue depuis les ponts qui les enjambent.

A l’inverse, faut-il parfois sortir de Paris pour mieux en apprécier la contemplation : elle se découvre sous un angle nouveau du parc des Guilands, à Montreuil, ou depuis la célèbre balustrade du parc de Saint-Cloud. Du Mont-Valérien à Noisy-le-Sec, ses forts offrent aussi des points de vue sur l’espace alentour.

City-of-the-Future-by-Harvey-Wiley-Corbett,-1913

Et puis, il y a ces passerelles méconnues auxquelles le Parisien, dans sa course effrénée, prête rarement attention. Résultant de l’histoire de l’urbanisme, elle surplombent souvent des voies percées par Hausmann. Ainsi, les rues de Crimée, des Pyrénées ou Monge changent d’aspect selon qu’on les observe d’en bas ou d’en haut, depuis les rues Arthur-Rozier, Charles-Renouvier et Rollin. Sans parler des rues Pascal et Broca chères à Pierre Gripari, invisibles en voiture depuis le boulevard de Port-Royal.

Les environs des gares, enfin, sont un terrain d’exploration infini pour le piéton de Paris, en particulier dans le 10e arrondissement « quartier de poètes et de locomotives » selon Léon-Paul Fargue, marqué par la double tranchée des voies Nord et de l’Est. Ainsi la rue d’Alsace, parapet vertigineux sur le précipice de la Gare de l’Est, dont Léo Mallet a dit la poésie noire, ou les ponts successifs des rues Lafayette et de l’Aqueduc, qui traversent de biais les rails avant le minuscule rond-point de la rue Louis Blanc. Il faudrait pouvoir s’arrêter ici une journée entière, en apesanteur au-dessus des rails, sur la minuscule passerelle adjacente à la rue Phillipe de Girard, pour voir de quel mystérieux mouvement elle s’anime.

C’est à un autre niveau de perception de la ville que ces points de vue permettent d’accéder. Un voyage dans l’espace et dans le temps, lorsque, arpentant le viaduc de la coulée verte, on domine l’avenue Daumesnil en empruntant la ligne de Vincennes, qui reliait en 1859 la gare de la Bastille à Verneuil-l’Étang.

QUELQUES VUES DE PARIS

Paris depuis Paris

LES MONUMENTS
– La Tour Eiffel
– La Tour Montparnasse
– La Tour Jean Sans Peur

PANORAMAS EXTÉRIEURS
– Le parvis de la basilique du Sacré Cœur
– La rue Piat, en haut du Parc de Belleville
– La Butte Bergeyre, avec les vignes et Montmartre

HOTELS, BARS, RESTAURANTS
– Le Kong, en haut de la Samaritaine
– La tour d’Argent
– Bar « La Vue » de l’Hôtel Concorde Lafayette de Porte Maillot

AU-DESSUS DES RAILS
– La Place de L’Europe
– La Place Wagram
– Passerelle sur les voies de la Gare de l’Est

AU-DESSUS DE L’EAU
– Passerelle des Arts
– Pont Neuf
– Passerelle des Ardennes

 

PASSERELLES SUR RUES
– La promenade plantée qui emprunte l’ancien viaduc Daumesnil.
– La rue de Bellefond qui franchit la rue Pierre-Sémard.
– Rues de Tolbiac et des Grands-Moulins enjambant la rue du Chevaleret.

PASSERELLES COUVERTES
– Passerelle de la rue Belhomme qui relie les deux parties du magasin Tati.
– Passerelle Le Peletier, à côté du boulevard des Italiens.
– Passerelle des Galeries Lafayette donnant sur l’Opéra.

PERSPECTIVES
– La tour Montparnasse depuis la rue du Chemin Vert
– La tour Eiffel depuis la Rue de Belleville et la rue de Ménilmontant
– L’église de la Trinité depuis la rue de la Chaussée d’Antin

STATIONS DE METRO
– Métro Passy sur la ligne 6
Métro Bastille, ligne 1 direction Château de Vincennes
– Ligne 5, entre Quai de la Rappée et Gare d’Austerlitz

La banlieue depuis Paris
– Escaliers de la rue du Mont-Cenis vers le Nord
– Parc de la Butte du Chapeau Rouge vers le Nord Est

Paris depuis la banlieue
– Le cimetière des Lilas : perspective directe sur la basilique du Sacré-cœur adossée à l’église Saint-Pierre de Montmartre
– Paris depuis le Mont-Valérien
– Montmartre depuis le carrefour Pleyel et le Boulevard Ornano.

La banlieue depuis la banlieue
– La Défense vers Nanterre et Rueil
– La Tour de Romainville depuis la voix ferrée de la gare de Pantin

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