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Pierre Ménard, écrivain :
« Chaque pas en ville est une écriture »

 

L’exploration urbaine peut-elle engendrer un processus créatif ? La démarche de Pierre Ménard est marquée du sceau de cette problématique. Entretien-fleuve avec un auteur-promeneur, à la manière d’une déambulation intime, à la fois géographique et textuelle.

Publié le 21 mars 2021

Expérience de dérive virtuelle

Au départ, ma rencontre virtuelle avec Pierre Ménard prend un chemin aussi tortueux et inattendu qu’une navigation sur le web, itinéraire ricochant entre liens hypertextes pour générer un parcours inédit. D’emblée, il y a ce parallèle entre la dérive urbaine et l’exploration numérique, retrouvant la fameuse correspondance entre la carte et le territoire. A l’occasion d’une recherche ciblée, c’est par le biais de Google Street View que je retombe par hasard sur son site précis et foisonnant, Liminaire, après y avoir souvent accosté – tout comme il avait, lui aussi, parcouru de loin en loin quelques pages de ce site. Le point de départ, donc, c’est une expérience de réalité virtuelle faite dans le cadre d’un dispositif proposé par le Centquatre, en visionnant un film à 360° dans une ville chinoise, Tiandu Cheng, reproduisant en longueur un quartier d’inspiration haussmannienne.

Marqué par cette sensation singulière de dépaysement, je m’étais résolu à explorer ce Paris chinois sur Google Street View – comme une errance virtuelle dont j’aurais rendu compte à la manière d’un reportage entre ces simulacres de bâtiments emblématiques de Paris, en particulier une bizarre Tour Eiffel. Voyant que Google Maps ne couvrait pas le territoire de la Chine, il m’a fallu utiliser Baidu Maps, application comparable bien que d’un usage un peu moins fluide. Ainsi j’ai pu retrouver cette impression d’inquiétante étrangeté face à ce Paris de pacotille, aux façades haussmanniennes semées de climatisateurs, dont les perspectives tracées au cordeau débouchaient d’un côté sur un bouquet de nature, de l’autre sur un regroupement menaçant de gigantesques tours grises de vingt étages, désespérément vides et où Romain Gavras a tourné un clip pour Jamie XX.

J’avais en tête de raconter cette déambulation, en l’illustrant par des captures d’écran. Mais ce n’était pas suffisant. Alors j’ai cherché s’il existait des analyses ou une littérature spécialisée sur l’usage que l’on peut faire de Street View, pour, notamment, imaginer des dérives urbaines virtuelles. C’est là que je suis tombé sur ce billet où Pierre Ménard tente de « faire le point sur les créations élaborées à partir de « Google Street View »». Parmi elles, un projet fascinant : le Carnet de Voyage virtuel d’Olivier Hodasava, Virtual Tour Dreamland.

Au confluent du texte et du territoire

Comme l’illustre si parfaitement son site Liminaire, Pierre Ménard est un pionnier des ateliers d’écriture et de la littérature numérique. Au détour d’une promenade en ville, il s’étonne parfois de tomber nez à nez avec son vrai nom peint sur un mur : une signature du taggueur Diaz, puisque sa carte d’identité porte le nom de Philippe Diaz. Ce pseudonyme de Pierre Ménard, qu’il a adopté sur la toile et dans ses livres, il l’a emprunté à une nouvelle de Borges. « Que d’autres se targuent des pages qu’ils ont écrites ; moije suis fier de celles que j’ai lues », pourrait-il dire avec le maître du roman métaphysique, puisqu’il a commencé en littérature par la citation et l’échantillonnage, en se réappropriant les textes des autres. Son écrivain préféré est un autre argentin, Cortázar, dont il a repris le titre d’un livre emblématique, Marelle, pour baptiser l’un de ses premiers sites web. Il a également exploré la littérature combinatoire en prenant pour cadre l’île Saint-Louis, avec un projet devant donner lieu à une application non encore diffusée, Lignes de désir. Et, comme la réalité dépasse toujours la fiction, il existe un autre écrivain nommé Pierre Ménard, plus jeune et moins expérimental, avec lequel il est confondu sur sa page Babelio.

Pendant le premier confinement, il a proposé une série d’ateliers d’écriture sur l’exploration de la ville avec la bibliothèque François-Villon, place du Colonel-Fabien, dont il est chargé de l’animation numérique. Il a lui-même une méthode très personnelle pour arpenter le territoire, en vue de découvrir des choses toujours nouvelles : se rendre dans un quartier qu’il ne connaît pas, marcher vite, sans avoir le temps de réfléchir ni même de s’arrêter, et prendre la tangente dès qu’il tombe sur un lieu familier. C’est ainsi qu’il échoue sur des lieux neufs ou retrouve des endroits oubliés. Au confluent du texte et du territoire, nous ne pouvions que nous rencontrer, fût-ce – ou peut-être surtout – virtuellement.

« La littérature est le récit de l’espace et l’espace est le récit de la littérature »

« Le numérique transforme la relation des termes écriture et lecture »

Pourquoi avoir choisi comme pseudonyme le nom d’un personnage inventé par Borges (dans son Pierre Ménard, auteur du Quichotte) ?

Le premier livre de poésie que j’ai publié est Le spectre des armatures paru aux éditions Le Quartanier en 2007. Il s’agit d’un texte écrit à partir d’un corpus de mots tous issus de La recherche du temps perdu de Marcel Proust. Des histoires affleurent, morceaux d’un roman, récits à demi-mot, microfictions, nouvelles en devenir. Dans la nouvelle de Jorge Luis Borges, Pierre Ménard, auteur du Quichotte, publiée dans son recueil Fictions, l’auteur esquisse la vie et l’œuvre de l’écrivain imaginaire Pierre Ménard et détaille son invraisemblable projet : la réécriture à l’identique du premier livre de Don Quichotte. Mes premiers textes abordent la réécriture comme processus créatif et tentent d’affirmer la réappropriation comme écriture. Depuis, mon écriture a évolué mais j’ai gardé ce pseudonyme.

Qu’est-ce que le numérique apporte à la littérature ?

Le numérique transforme la relation des termes écriture et lecture. L’écrit a connu d’importantes mutations ces dernières années. Mais il ne faut pas oublier que le livre numérique est une technologie tout comme le livre imprimé. Les liens entre auteurs et lecteurs sont devenus versatiles. Il n’y a plus d’un côté les auteurs sur leur piédestal et de l’autre les lecteurs attendant impatiemment la publication de leurs textes. Une forme de réciprocité s’est lentement opérée et s’est accentuée avec l’essor vertigineux des réseaux sociaux. Nos modes de lecture changent, l’écriture évolue avec le web. Il nous faut articuler lecture et Internet de manière neuve. Inventer de nouvelles formes éditoriales pour faire reculer les frontières du livre et de la lecture, pour développer de nouvelles manières d’écrire, de raconter des histoires, de représenter le monde. Ce qui ne peut que démultiplier ce qui définit au fond le livre et la lecture, la part de l’imaginaire, le travail de la langue.

Vous avez créé ou participé à plusieurs revues en ligne, avant de lancer Liminaire… Dans quelles circonstances avez-vous commencé à produire de la littérature sur internet ?

J’ai commencé à publier mes textes sur un blog. Le blog est souvent considéré à tort comme un journal intime sur internet. En fait il y a bien une forme d’intimité qui s’y installe entre l’auteur et le lecteur. Mais la forme a radicalement changé. Un bloc-notes, c’est ainsi au début que j’ai nommé mon espace de travail sur internet. Comme on peut avoir un carnet de notes qu’on porte sur soi et dans lequel on écrit ce qui nous passe par la tête, une idée, une phrase, entendues dans la rue, une ligne d’un roman qu’on note à la volée, pour ne pas l’oublier, un mot ou une expression qu’on veut retenir, une image qu’on ne veut surtout pas perdre. Un endroit de création où l’on retourne sans cesse pour travailler. La souplesse de l’outil permet d’écrire très facilement un texte et de le mettre en ligne. Pour un écrivain, par exemple, cela permet de montrer l’évolution de son travail, mettre en avant un projet en cours, publier des inédits, faire des rencontres, des recherches, échanger autour de productions artistiques. Diffuser son travail et tout ce qui est dans la marge de ce travail. Le travail de lectures, le travail du son, de la musique, de l’image, photographie et vidéo par exemple. Réflexion et journal de bord. Mais c’est aussi une forme d’édition en ligne.

À la suite de ce blog qui avait pour titre Marelle, en hommage au livre de Julio Cortázar, qui est mon auteur préféré, j’ai rapidement créé un site, liminaire.fr, dont j’aurais choisi la forme, l’apparence et la structure des menus et dont je serais propriétaire, avec un nom de domaine approprié, pour en prolonger l’expérience dans un espace d’expérimentation, d’exploration, un laboratoire de tentatives d’écriture variées. Pour moi, le site est un lieu qu’on invite à visiter et qu’on explore en l’inventant. Avec le site comme processus, on assiste à un changement du paradigme de l’écriture. Le livre est un monde clos, fermé sur lui-même. Le site est infini, ouvert. Je peux y développer des séries à ma guise, pour les publier ensuite en livre numérique ou imprimé.

« Le livre est un monde clos, fermé sur lui-même. Le site est infini, ouvert »

« Guy Debord aurait dit : « nous n’avons pas appris comment changer le monde au moyen des livres, nous l’avons appris dans la rue » »

​À quoi fait référence le signifiant liminaire ?

Liminaire vient d’un mot latin qui signifie seuil. Lorsque j’ai créé mon site web je trouvais que c’était un bon début. C’est également ce qui définit la phrase mise en exergue d’un livre, en tête d’un ouvrage. Une figure de style qui m’a toujours plu. Par extension : un prélude. J’aime cette idée de me situer toujours au début de cette recherche.

Dans quelle mesure les situationnistes se sont-ils inspirés des surréalistes pour formaliser le concept de dérive ?

Au vingtième siècle, des artistes et des écrivains ont cherché de nouveaux types de cheminements, influencés par la dérive des surréalistes et la psychogéographie situationniste. On raconte qu’une fois Guy Debord aurait dit « nous n’avons pas appris comment changer le monde au moyen des livres, nous l’avons appris dans la rue. » Qu’il soit vrai ou faux, cet aphorisme du fondateur du situationnisme montre la tension qui oppose vie réelle et monde des livres et de la littérature.

La prose et le vers rendent-ils compte différemment du paysage et de l’environnement urbain ?

Je n’utilise pas la versification dans mes textes, mais ses contraintes spécifiques (que ce soit le rythme des phrases ou dans une moindre mesure la métrique des syllabes) peuvent se retrouver d’un certaine manière dans la prose. Je ne pense que l’un des deux soit plus à même de rendre compte de notre environnement et des paysages que nous traversons.

Vous êtes un spécialiste des ateliers d’écriture. Quelle forme ces dispositifs prennent-ils sur internet, relativement aux ateliers plus classiques ? Le numérique favorise-t-il cette démarche créative ?

La pratique des ateliers d’écriture qui existe depuis très longtemps dans des lieux culturels très variés, se propose également depuis quelques années sur Internet. À cet égard l’expérience des ateliers d’écriture en ligne de l’écrivain François Bon est tout particulièrement intéressante. Avant même la publication de son livre Tous les mots sont adultes, François Bon n’a eu de cesse d’animer des ateliers d’écriture, mais progressivement cette activité s’est de plus en plus portée sur le web comme le reste de ses activités et notamment la publication de ses livres, après récupération de ses droits auprès de ses anciens éditeurs. Chaque année, depuis 2013, François Bon propose en effet un atelier d’écriture en ligne très suivi. Depuis deux ans l’intégration de la vidéo et l’accompagnement d’un groupe Facebook dédié à l’atelier ont démultiplié l’échange, de même que l’édition de livres associés à l’issue de chaque cycle d’atelier. Ces séries d’ateliers réguliers réunissent de très nombreux participants.

De janvier 2004 à octobre 2010, vous avez proposé chaque semaine en ligne un exercice à partir d’un texte contemporain, qui a donné lieu à une publication : Comment écrire au quotidien. 365 ateliers d’écriture. Comment avez-vous conçu ces exercices ?

Pendant ces six années, j’ai diffusé chaque semaine sur un site spécialement conçu pour l’occasion (Marelle : Zone d’Activités Poétiques) un exercice littéraire à partir d’un texte contemporain (des auteurs francophones et leurs livres aux genres variés : poésie, nouvelle, roman, théâtre, jeunesse, art expérimental). Les internautes écrivaient leurs textes directement sur le site à partir de mes propositions, textes qui restaient ensuite accessibles et modifiables en ligne. Même si de nombreuses personnes ont participé à cette expérience, en publiant leurs textes de manière autonome, le site n’était pas un réel espace de discussion, d’échanges ou de critiques sur leurs textes, juste un espace de création et de diffusion. Le site a disparu en 2014, mais l’ensemble des propositions d’écriture figurent en libre accès depuis 2010 sur mon site Liminaire. Un livre numérique a été édité par Publie.net en 2010. Il est disponible en version imprimée depuis 2018. Ce texte peut se lire comme un texte poétique sur l’écriture, de façon linéaire, du premier au dernier atelier, ou de façon non-linéaire. Mais ce texte poétique qui reprend l’ensemble des pistes d’écriture proposées lors des ateliers permet, en cliquant sur le titre de l’ouvrage et de son auteur, d’ouvrir une nouvelle fenêtre tout en restant à l’intérieur du livre (sans en interrompre la lecture comme cela arrive trop souvent avec des liens qui obligent de sortir de l’outil de lecture pour se connecter à Internet), et de découvrir les 365 ateliers d’écriture mis en ligne initialement sur Internet, comprenant la présentation du texte, de son auteur, un extrait, des liens pour en savoir plus sur ce texte, ainsi que la consigne d’écriture.

« Pendant six ans, j’ai diffusé chaque semaine un exercice littéraire à partir d’un texte contemporain »

« Raconter la ville sous tous les angles et avec tous les tons et les sons possibles, dans une tentative d’épuisement du lieu, en composant un texte polyphonique à la forme éclatée »

« Un livre devient un autre livre à chaque fois que nous le lisons. Une ville c’est pareille invention, voyage à travers le temps, chaque parcours la transforme. »

La littérature sur le web n’est-elle pas elle même une errance, une dérive, une déambulation au fil de liens hypertextes et d’un médium à l’autre ?

Un livre devient un autre livre à chaque fois que nous le lisons. Une ville c’est pareille invention, voyage à travers le temps, chaque parcours la transforme. Marcher dans les rues, c’est entrer dans les pages d’un livre. En garder une trace. Peut-on marcher en ville comme entre les pages d’un livre ? Avec cet étonnement de voir, au fil du temps, se dessiner un chemin qui n’existait pas au moment où on le parcourait. Ce dialogue n’est pas celui d’un voyage, mais d’un parcours. Un ressassement de mots en mouvement dans le sens d’une marche en avant, dans le bruissement, la rumeur de la ville, son quotidien et la juxtaposition ou l’entrelacement de nos lignes de désir. C’est la raison pour laquelle j’ai conçu le projet éditorial multiforme des Lignes de désir. Il s’agit d’un projet transmédia aux frontières du livre, des nouvelles technologies et de l’art urbain, une réflexion autour de la forme du livre à l’ère du numérique. Il s’est construit autour d’une fiction poétique, une narration combinatoire, dont l’un des modules est une application mobile permettant de découvrir la fiction puis de composer sa version de l’histoire en marchant, de manière ludique et originale. L’enjeu de ce dispositif interactif est avant tout de proposer des parcours dans une histoire, des lectures d’un récit en fonction de son approche : mobile (sur place, avec le GPS du téléphone) ou fixe (depuis chez soi ou à l’extérieur de l’Île Saint-Louis, à l’aide de listes de lecture thématiques). Une exploration poétique qui invite l’auditeur à appréhender une histoire de deux manières différentes. Une application mobile qui demeure malheureusement encore pour le moment à l’état de prototype.

Mêler le son, l’image et le texte permet-il une retranscription plus fidèle du réel, de l’exploration, de la dérive ?

Ce que l’on voit, ce que l’on perçoit en marchant, dans ce mouvement ambulatoire, cette déambulation, le flot des passants, les mots courant sous le flux des images, c’est la ville qui défile sous nos yeux par à-coups, brusques déplacements en fragments décousus, dans ce décor citadin si discontinu, petits bouts par petits bouts, c’est un détail, à partir de là une suite d’émotions, d’échos fugitifs, et de corps fuyants, une partie seulement, déjà un peu plus loin. On avance. Et dans cette avancée, ce que l’on sait d’avance, saisis d’office, dans un même temps, toujours un peu difficile de savoir ce que l’on ressent au juste, au fond, à l’intérieur tout va plus vite, pensées et situations parallèles, travelling avant et flash-back, silence on tourne, et toujours ce qui me regarde en paysages simultanés. Raconter la ville sous tous les angles et avec tous les tons et les sons possibles, dans une tentative d’épuisement du lieu, en composant un texte polyphonique à la forme éclatée. Une écriture sonore et visuelle de l’espace perçu mais aussi de l’espace mental, intérieur : le paysage de notre perception, nos sensations. Tension vers la poésie avec des textes courts, passerelles entre peinture et promenade, photographie et souvenirs.

Par exemple, comment avez-vous conçu cet « avant-après » sur les lieux de tournage de Vertigo à San Francisco ?

Le film d’Alfred Hitchcock est sans doute l’un des films qui s’inscrit le plus dans le territoire et l’histoire de la ville dans lesquels son récit se déploie. À l’intérieur même du film, le cinéaste nous invite à une dérive entre flânerie et filature, deux dispositifs propices à la découverte inédite d’une ville. Le paysage de San Francisco s’impose au spectateur qui, une fois sur place, est comme moi (et beaucoup d’autres) tenté d’en retrouver l’ensemble des lieux qui ont servi de décor. Et tout à coup, ces décors de cinéma, deviennent l’écran de notre propre cinéma, ce que nous projetons d’histoires, de récits, d’aventures sur cette ville. Comment dès lors ne pas en reconstituer ces lieux en les arpentant ? Pour moi, c’est une manière de s’y perdre et de s’y retrouver.

Dans quelle mesure votre enfance à Ris-Orangis a-t-elle constitué votre paysage intérieur ? Et le Val de Seine, entre Paris et Melun ? À quels souvenirs associez-vous ces lieux, ces villes du bord de Seine ?

Je n’ai aucun souvenir de Ris-Orangis. Très jeune cependant j’ai entrevu dans ce lieu de banlieue que mes parents ont quitté rapidement et dans lequel je ne suis jamais retourné, une mythologie personnelle. J’avais appris qu’en face de la clinique dans laquelle je suis né se trouvait un hospice pour les vieux artistes. Et je disais, dans ma jeunesse, que ma vie consisterait à traverser la rue. J’aimais bien l’absurdité de cette trajectoire qui rappelait l’histoire que raconte Borges d’un homme se propose la tâche de dessiner le monde : « Au fil des ans, il peuple un espace d’images de provinces, de royaumes, de montagnes, de baies, de navires, d’îles, de poissons, d’habitations, d’instruments, d’astres, de chevaux et de personnes. Peu avant de mourir, il découvre que ce patient labyrinthe de lignes trace l’image de son visage. » J’ai d’ailleurs publié il y a quelques années Les accolades, un poème visuel sous forme d’affiche aux éditions Contre-mur qui met en valeur un texte sur ce thème écrit en fonction de ce format, et dont la lecture se déroule en plusieurs temps et différents niveaux, visuelle (sous la forme d’un visage qui se dessine à travers les textes qui s’entremêlent, de différentes tailles et valeurs de gris), et textuelle (un poème pêle-mêle de fragments de phrases prélevées dans les marges des livres que j’ai lus et qui m’accompagnent de longue date). Il y a quelques années, j’ai découvert que l’artiste qui avait créé cet hospice à Ris-Orangis, s’appelait Dranem, chanteur et fantaisiste, il avait été l’une des vedettes les plus populaires du café-concert à son époque. Le hasard veut que Dranem est l’anacyclique de Ménard.

J’ai toujours vécu le long de la ligne du RER D. Quelques mois après ma naissance à Ris-Orangis, mes parents ont déménagé pour habiter Boussy Saint-Antoine en Essonne. J’ai emménagé à douze ans à Combs-la-Ville en Seine-et-Marne. Pour mes études, je suis allé au lycée à Montgeron, dans l’Essonne. Mon premier appartement était situé à Crosne, en face de la ville de mon lycée, de l’autre côté de la ligne de chemin de fer. J’ai travaillé à la Bpi, à Paris puis je suis devenu bibliothécaire à Melun, avant de venir habiter à Paris il y a vingt-deux ans. Bref, mon parcours se concentre depuis toutes ces années sur des villes réparties le long de cette ligne du RER D.

« En face de la clinique dans laquelle je suis né se trouvait un hospice pour les vieux artistes. Et je disais, dans ma jeunesse, que ma vie consisterait à traverser la rue »

« Mon parcours se concentre sur des villes réparties le long de cette ligne du RER D »

« A Bagnolet, il y a ce lieu sous les voies rapides de l’échangeur qui avait été conçu comme un havre de paix et qui reste inchangé depuis lors »

Quels souvenirs et impressions gardez-vous de votre emploi à la médiathèque de l’Astrolabe à Melun ? Comment décrire l’île Saint-Étienne (Jean Rolin s’y emploie d’ailleurs dans Le Pont de Bezons) ?

J’ai travaillé vingt ans en tant que bibliothécaire à Melun, dix ans dans l’ancienne bibliothèque de la Vicomté qui était située à proximité du Musée de Melun, dans l’ancienne demeure de Nicolas Fouquet, surintendant des Finances à l’époque de Mazarin. J’ai participé, dans le cadre de la création de la Médiathèque de l’Astrolabe, en juin 2004, à la mise en place de l’Espace Culture Multimédia, le Cyberlab, dont j’ai été le responsable et dans lequel nous animions de nombreux ateliers d’écriture et de création multimédia. La Vicomté comme l’Astrolabe sont toutes deux situées sur l’île Saint-Étienne. Dans les villes que je traverse, où j’habite, où je travaille, je suis toujours très sensible aux lieux secrets. En banlieue, il y en a de très nombreux, j’y retourne parfois juste pour vérifier qu’ils existent toujours. Il y a par exemple, à Bagnolet, ce lieu sous les voies rapides de l’échangeur de l’autoroute A3 qui avait été conçu comme un havre de paix et qui reste inchangé depuis lors. J’ai tourné récemment un film, là-bas : Ruban de Möbius. Il y a également à la pointe de l’Île Saint-Étienne, à Melun, une voie de contournement du centre-­ville qui surplombe et coupe la pointe de l’île par son impressionnante stature grise et forme avec sa circulation constante, une barrière de bruit qui rebute le badaud et le dissuade de pousser plus loin sa flânerie sur les quais pourtant refaits à neuf lors de la construction de la médiathèque en 1994. C’est ce qui rend ce lieu si beau, si agréable à vivre, un charme si particulier.

Vous habitez maintenant à Paris et explorez une géographie urbaine marquée par certains lieux récurrents, notamment dans l’est parisien : le Canal Saint-Martin, les Buttes-Chaumont, le cimetière du Père Lachaise, la place Stalingrad. Que vous évoquent ces lieux ?

J’habite Paris en effet, près du Canal Saint-Martin depuis 22 ans. Je travaille à cinq minutes à pied de chez moi. À la bibliothèque François Villon, en face du Siège du Parti Communiste. J’y suis responsable de la médiation numérique. Dans le cadre de mon travail j’ai créé une carte du quartier : La ville à l’œuvre. Il s’agit d’une carte collaborative qui tente d’écrire une histoire collective et sensible du quartier de la bibliothèque, déjouant toute carte établie (sociale, politique, économique, urbanistique….) et dont la délimitation s’inspire de la zone d’origine des usagers de la bibliothèque. Sur le compte Instagram de la bibliothèque, on peut retrouver l’ensemble des photographies qui tentent de montrer le visage de ce quartier. Dans le langage courant, le quartier revêt une notion approximative. Loin d’évoquer une véritable réalité, il définit une portion de ville où chaque individu fixe lui-même ses propres limites et dont il s’approprie aisément le lieu : « Le quartier. Qu’est-ce que c’est qu’un quartier ? demande Georges Perec dans Espèces d’espaces. La portion de la ville dans laquelle on se déplace facilement à pied ou, pour dire la même chose sous la forme d’une lapalissade, la partie de la ville dans laquelle on n’a pas besoin de se rendre, puisque précisément on y est. »

Comment le confinement a-t-il modifié notre rapport à l’espace ?

Le confinement a redessiné les limites de nos quartiers autour d’un périmètre contraint. J’ai mené plusieurs explorations à partir de cette zone et de ses limites. Par exemple, j’ai dessiné sur une carte à partir du site Un km (une fonctionnalité permettant de créer un parcours pédestres au plus près du rayon de 1km qui nous limitait autour de chez nous), et j’ai parcouru cette limite de la zone de confinement, depuis mon domicile, mais derrière mon écran, sur Street View, effectuant ainsi une boucle de 10 km autour de chez moi. Dans la limite du temps contenu : Le tour du kilomètre en un jour. Pendant le confinement, nous étions tous contraints de limiter nos déplacements dans l’espace d’un kilomètre autour de chez nous. Dans cet espace clos, notre esprit cherchait à s’échapper, il envisageait son dépassement et nous pensions avec une légère nostalgie aux lieux que nous aimions mais qu’on ne pouvait plus atteindre, rejoindre, et nous nous y transportions en pensée. Nous imaginions traverser la ville. C’est la raison pour laquelle j’ai proposé plusieurs ateliers d’écriture en ligne, en pensant à nos envies d’évasion en cette période de confinement. J’ai proposé de travailler sur la ville vide et sur la ville en mouvement. La ville vide car nous avions tous fait l’expérience dans différentes circonstances et différents lieux de la ville déserte. Et dans ce lieu à l’abandon, aller à la rencontre d’une ville rêvée ou d’une ville qu’on invente. Et pour cette notion de mouvement, de traversée, la manière qu’elle avait de transformer notre environnement, notre vision des choses. Dans la rue on se dévisage, on se défigure, un pas de côté, un écart discret, tête baissée. Un jour, dans la rue, pendant le confinement, j’ai entendu quelqu’un dire : « J’ai l’impression de vivre dans une salle d’attente. »

Peut-on voyager avec Google Street View et comment ?

Depuis 2010, je mène une réflexion autour de Street View et de son usage par les artistes. Je collecte depuis cette époque les différentes approches des artistes sur un site : Le tour du jour en 80 mondes. Je mène régulièrement des ateliers d’écriture où j’utilise Street View comme déclencheur dans l’écriture. Google Street View est un révélateur de notre expérience du monde, et en particulier, de la paradoxale tension entre notre indifférence quotidienne aux choses qui nous entourent et notre incessante recherche de connexion et d’interaction. C’est l’occasion de porter sur Google et le monde qu’il dessine, un nécessaire regard critique, une analyse de la représentation du monde que nous proposent Google Maps et Google Street View. J’ai expérimenté plusieurs formes de création autour de ce dispositif, dans de très nombreux textes publiés sur mon site. Et j’ai surtout écrit avec Anne Savelli un livre numérique, publié aux éditions La Marelle : Laisse venir. Un trajet Paris-Marseille intemporel, d’abord virtuel, puis réel, une approche de la ville tout en détours et cheminements. Chacun de notre côté, Anne Savelli et moi, nous avons construit d’abord un itinéraire virtuel, en une dizaine d’étapes, constitué de textes et de photographies, de captures d’écran prises à partir de Google Street View. Nous avons ensuite fait le voyage réel, en train, pour nous rendre ensemble à Marseille un jour de mai 2012. Et en revenir avec ce livre, dont le format numérique propose un mode de lecture et d’écriture adapté à ce qui fait « le propre de tout voyage, un cheminement. »

« Le confinement a redessiné les limites de nos quartiers autour d’un périmètre contraint »

« Google Street View est un révélateur de notre expérience du monde »

« J’ai développé un bot poétique sur Twitter, des tercets de vers extraits de trois chapitres d’un livre mélangés de manière aléatoire, afin de fabriquer un texte neuf à chaque tirage »

Avec le « journal du regard », vous filmez la ville chaque mois et écrivez un texte que vous lisez sur les images qui défilent. Pourquoi un tel journal ?

Régulièrement je mets au point des projets d’écriture ou de création sonore ou vidéo, qui me permettent de travailler au quotidien. Le journal du regard c’est une manière de porter un regard sur mon quotidien. Découvrir par l’image et l’écriture ce qui regarde et ce qui est regardé.

D’un voyage au Japon en 2010, vous avez tiré des haïkus visuels, suites de trois plans séquences tournés à Tokyo. Cela ressemble-t-il au haïku ? Quel est le but de ces courtes séquences ?

Pour tourner ces courtes vidéos lors de mon premier séjour à Tokyo au Japon, je me suis inspiré d’un souvenir de lecture du livre de Dominique Noguez sur le Cinéma expérimental, où il me semble qu’il évoquait la forme haïku d’un film extrêmement bref, dont les trois parties de tailles variées, s’inspirant de la métrique du poème japonais, avec un plan long entouré par deux plans plus courts, sans être directement liées, créant un ensemble cohérent, poétique, célébrant l’évanescence des choses et les sensations qu’elle suscite.

Comment concevoir un atelier d’écriture in situ à Paris ?

En 2010, j’ai testé, grandeur nature, une version de Tentative d’épuisement d’un lieu parisien de Georges Perec, dans le cadre d’un atelier d’écriture sur la ville. J’ai demandé aux participants de décrire ce qu’ils voyaient, depuis différents cafés de la place de Stalingrad à Paris, par écrit (et pour certains en prenant des photographies) du lieu où ils se trouvaient pendant une heure. Pendant ce temps-là j’ai pris des photos de la place, réalisé un enregistrement sonore et partager l’expérience en ligne sur Twitter. Une expérience que j’ai reprise, prolongée et amplifiée à plusieurs fois dans le cadre du festival organisé par le journal Le Monde, sur la place de la Bastille.

Qu’est-ce que la twittérature ?

La pratique du microblogging littéraire sur les réseaux sociaux, et notamment l’invention de la twittérature, montrent une forme de détournement d’un dispositif d’écriture par statuts, d’abord imaginé pour partager des informations et entretenir des relations sociales. Le réseau fonctionne à la fois comme contrainte, puisque la publication est restreinte à 280 caractères, et comme plateforme de diffusion. Les genres littéraires produits varient, même si la limite de caractères favorise la poésie et les textes courts. J’ai développé, parallèlement à l’écriture de mon texte Mémoire vive paru en 2019 aux éditions Abrüpt, une version numérique du texte sous forme de bot poétique diffusée régulièrement sur Twitter, des tercets de vers extraits de trois chapitres du livre mélangés de manière aléatoire, afin de fabriquer un texte neuf à chaque tirage, à la manière de la poésie combinatoire des Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau.

Pourriez-vous nous confier une méthode littéraire, artistique ou expérimentale pour explorer la ville autrement ?

Voici l’extrait d’un texte qui propose d’explorer la ville autrement : Instructions pour marcher en ville.

Entrez dans la première boutique que vous voyez et demandez des conseils au vendeur ou à la vendeuse, quels que soient les articles en vente. Fredonnez une chanson jusqu’à ce que vous rencontriez une bouche de métro. Là descendez. Prenez le métro qui va le plus au sud ou le plus à l’ouest. Dans le métro, essayez de ne rien toucher, gardez votre équilibre en restant debout au milieu de la rame. Entrez dans un café. Demandez un expresso au comptoir. Lisez un journal. A défaut, posez une question sur le quartier au garçon. Sur 50 mètres, comptez le nombre de couleurs de voitures différentes que vous pouvez voir. Cherchez un endroit où vous asseoir. Là, essayez de décrire toute la flore que vous pouvez apercevoir. Regardez l’immeuble en face de vous et imaginez ce qui se cache derrière ses fenêtres. Levez-vous et marchez très lentement en regardant vos pieds et ce qu’il y a autour de vos pieds. Faites la même chose mais en regardant en l’air. Prenez en photo toutes les poignées de porte. Exécutez un baisemain à chaque chien que vous croisez. Trouvez un touriste Nord-Coréen. Récitez l’alphabet à l’interphone d’un immeuble haussmannien. Vendez au meilleur prix une mèche de vos cheveux. Rendez-vous au métro le plus proche, et descendez l’escalator en sens inverse. Attisez la haine entre deux pigeons pour un morceau de pain, et filmez le combat en le commentant. Clamez haut et fort vos convictions politiques. Maintenant que tout le monde écoute et vous regarde d’un air bizarre, faites un câlin à tous les gens présents dans la rue. Avancez. Avancez plus vite.

L’exploration urbaine peut-elle favoriser les processus de création littéraire ou poétique ?

La littérature est le récit de l’espace et l’espace est le récit de la littérature. L’espace physique de la ville et l’espace symbolique de la littérature ne sont plus séparés. L’écriture devient le milieu primordial de leur entrelacement : chaque pas en ville est une écriture. Se détachant de l’ordinateur, l’écrivain numérique se livre à une forme contemporaine de flânerie : ainsi peut-on voir des images et des notes de terrain, prises littéralement en passant, raconter une impression passagère suscitée par un lieu, une rencontre heureuse ou la description des habitants de la ville. Non seulement ces notes et images investissent les lieux typiques de la littérature numérique – plateformes, sites, blogs, etc. –, mais elles engendrent des formes littéraires spécifiques. La manière de parcourir les hyperliens dans l’espace numérique rappelle le cheminement de la dérive. Le chemin que nous parcourons en choisissant ces hyperliens à suivre n’existe pas avant que nous le créions nous-mêmes.

Pour finir, pourriez-vous citer une onomatopée qui vous est chère, un proverbe, une image, une rime équivoquée, un adverbe et un tic de langage ?

Clic-clac, rien ne sert de courir il faut partir à point, un rayon vert impossible à photographier, deux mains demain, lentement, tacite.

– La grande majorité des photos illustrant cet entretien sont de Pierre Ménard –

 

« La manière de parcourir les hyperliens dans l’espace numérique rappelle le cheminement de la dérive »

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