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Le Shakirail, un squat artistique en bord de voie ferrée

Qui n’a jamais vu, sur le pont de la rue Riquet qui enjambe les voies de la gare de l’Est (coté 18e), cet étrange portail souvent fermé ? Ici, dans la continuité du jardin Rosa Luxembourg attenant à la halle Pajol entièrement réhabilitée, l’association Curry Vavart a créé en 2011 un espace artistique transitoire dans un ancien vestiaire de cheminots, soit bien avant le programme des friches culturelles de la SNCF né en 2014, qui a vu naître, entre autres, Ground Control. Dimanche 9 juin 2019, le Shakirail ouvrait ses portes pour présenter une exposition sur l’histoire de plusieurs squats d’artistes et lieux culturels parisiens indépendants, dans le cadre du festival Soleil Nord Est réunissant diverses friches parisiennes. A l’initiative de l’exposition, Vincent Prieur, cofondateur du lieu et de l’association Curry Vavart. L’occasion d’écouter son analyse sur l’évolution des squats depuis les années 80, en mettant l’accent sur le Shakirail : « On revendique des espaces de travail et de diffusion accessibles aux artistes et aux associations. Pour nous, ça fait sens dans les grosses métropoles où il y a une problématique de foncier inaccessible. On défend des espaces partagés, solidaires, avec une mutualisation d’outils, de savoir, d’énergies pour soutenir les productions artistiques et associatives venant des plus précaires. »

Outre l’exposition installée dans la salle dite « CP5 », les murs étant recouverts de contreplaqué 5 millimètres, j’ai pu visiter non seulement les ateliers de réparation, de couture ou de sculpture, la bibliothèque et une salle de spectacles, mais aussi le jardin qui longe les rails de la voie ferrée de l’Est, comme en témoigne le portfolio.

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