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Sous les piliers du viaduc de Passy

A l’ombre du métro aérien, entre la Seine et la station Passy, la rue de l’Alboni n’a pas trop changé depuis sa création en 1894.

Depuis les hauteurs de la place de Costa-Rica, la rue de l’Alboni offre une des vues les plus extraordinaires de Paris. C’est la Seine et le sud-ouest de la capitale que le regard embrasse de l’entrée de la station Passy, jusqu’aux coteaux de Meudon. D’en bas, cette même rue offre une vue en contre-plongée vers la plateforme aérienne de la ligne 6, à côté de laquelle se dessine un dôme haussmannien dominant le quartier de sa hauteur insolente.

Baptisée en l’honneur d’une cantatrice italienne, la rue de l’Alboni est ouverte en 1894 dans le prolongement de la passerelle de Passy construite pour l’Exposition universelle de 1878. Ce pont, transformé en un viaduc ferroviaire ultra moderne en 1905, attire les touristes et fascine les cinéastes du monde entier, au point de figurer dans une scène anthologique du film Inception de Christopher Nolan. Auparavant, la rue de l’Alboni avait servi de décor au Dernier Tango à Paris et au Quai des Orfèvres.

Nos deux photos font apparaître le dôme emblématique du 10 rue de l’Alboni, tour d’angle à colonnes surmontée d’une rotonde, elle-même rehaussée par une lanterne que les autres immeubles ont perdue. C’est l’œuvre de l’architecte Louis Dauvergne, datée de 1899, tout comme les numéros 6 et 7. Inspirés par l’Exposition universelle de 1889, ces bâtiments devaient servir d’hôtels pour la durée de l’Exposition universelle de 1900, avant de devenir des immeubles de rapport. 

Trois différences sautent aux yeux entre les deux images. D’abord, un auvent a été aménagé sur la plateforme aérienne du métro, en haut des escaliers, pour protéger les voyageurs des intempéries. Ensuite, une passerelle piétonne prolonge le pont de Bir Hakem jusqu’à la rue de l’Alboni, en franchissant la passante avenue du président Kennedy. Enfin, un bar tabac occupe maintenant le rez-de-chaussée de l’immeuble d’angle sur l’avenue Kennedy, à la place d’un marchand de journaux et de vin, comme en témoignent les bouteilles présentées en devanture sur la carte ancienne.

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