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Rue Desnouette, que reste-t-il du vieux Paris ?

En un peu plus de cent ans, la place Henri-Rollet a été métamorphosée. Les traces longtemps préservées d’un ancien Paris ont été balayées par un immeuble moderne.

« On connaît la mauvaise réputation de l’ancien village de Vaugirard, à cause de ses nombreux débits de boisson, dont la présence est attestée dès l’Ancien Régime », écrit François de Béru dans un article consacré à L’âge d’or des marchands de vin (1850-1950)*. En 1779, un contemporain écrivait : « Vaugirard n’est guère composé que de guinguettes et de tavernes, ce qui attire un grand concours du petit peuple de Paris, que l’on y voit les fêtes et les dimanches, surtout le jour de la Saint-Lambert. » Plus de cent an plus tard, après l’agrandissement de Paris et l’annexion du village de Vaugirard, le quartier ouvrier perpétuait cette tradition bien au-delà de la barrière d’octroi. 

Ainsi, au tout début de la rue Desnouettes, nommée en l’honneur du général d’Empire Charles Lefebvre-Desnouettes, au niveau du 352 de la rue de Vaugirard et de l’actuelle place Henri-Rollet, trouvait-t-on une auberge sise dans une maison d’allure très ancienne. Cette atmosphère que nous est rendue par une carte postale particulièrement pittoresque. On y découvre un environnement faubourien, presque campagnard, et la juxtaposition dans ce corps de bâtiments d’un magasin de meubles d’occasion, d’un dépôt de bois-charbon à l’inscription un peu effacée et de cet hôtel Saint Lambert qui fut l’« ancienne auberge de Rouliers ». Cette enseigne pourrait rappeler une certaine chanson de Georges Brassens, qui d’ailleurs n’habitait pas loin…

Déjà vers 1900, à l’époque de la carte postale, ce coin de rue évoquait « le Paris d’autrefois ». Le décor n’a aujourd’hui plus rien à voir : une agence bancaire accolée à deux boutiques de vêtements et chaussures prêt-à-porter occupent le rez-de-chaussée d’un immeuble très moderne, qui épouse en s‘incurvant l’angle de la rue de Vaugirard avec la rue SaintLambert où il s’étend.

Une anecdote pour finir :  la rue Desnouettes est la seule à Paris qui soit traversée par un double-pont de la petite ceinture, dont les deux tabliers ne soient pas à la même hauteur.

Bulletin n°43 de la société historique et archéologique du 15e.

 

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