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De l’Hôtel du chemin de fer au Monop’

Au carrefour de la rue Jouvenet et de l’avenue de Versailles, un immeuble récent a remplacé l’ancien Hôtel du chemin de fer.

Là où se rejoignent la rue Jouvenet et l’avenue de Versailles, un immeuble à flanc de coteau s’avance comme un paquebot vers le boulevard Exelmans. Un magasin Monop’ en occupe le rez-de-chaussée, tout comme celui du bâtiment mitoyen en briques rouges et pierres blanches, auquel une toiture en zinc a été ajoutée. Encore récemment, l’ancien immeuble d’angle était visible, jusqu’à sa rénovation par une équipe d’architectes qui l’a rehaussé de deux étages, doté d’une terrasse et d’une structure irrégulière, avec des baies vitrées ouvertes sur le carrefour.

La rue Jouvenet, qui tient son nom du peintre et dessinateur Jean Jouvenet (1644-1717) est une voie de l’ancienne commune d’Auteuil. Elle est indiquée sur le cadastre de 1823 sous le nom de rue de la Réunion, et a pris son nom actuel en 1864.

En lieu et place du supermarché, la photographie ancienne, sans doute prise en 1910, dévoile la présence de l’Hôtel du chemin de fer, qui devait son nom à la proximité d’une gare de la ligne de ceinture, la station Point du jour, anciennement située sur le viaduc d’Auteuil. Difficile d’imaginer le pittoresque viaduc, comparable au pont de Bir Hakeim, sur l’emplacement actuel du boulevard Exelmans. Ouverte aux voyageurs en 1867 comme l’ensemble des gares de la rive gauche, la station est fermée au trafic en 1934, puis détruite dans les années 1960, en même temps que le viaduc d’Auteuil.

Jouons au jeu des différences : le Monop’ a pris la place de l’hôtel ; un camion de livraison a remplacé le livreur à cheval, comme les automobiles ont changé ; les rues sont désormais dotées de lampadaires. Mais surtout, que fait ce dirigeable dans le ciel de Paris ? Au début 20e siècle, la vogue des dirigeables connaitra une courte fortune, depuis les exploits de Santos Dumont dans le ciel parisien en 1901 jusqu’à l’incendie du zeppelin Hindenburg en 1937 aux alentours de New-York. Aujourd’hui, lorsqu’un dirigeable survole la capitale, comme le 17 juillet 2014, c’est pour en mesurer le taux de pollution.

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